Il était un petit prince,
Un petit prince qui vivait dans un grand château, perché au fin fond d'une montagne. L'édifice surplombait la vallée, un géant enraciné dans un mont. Il paraît que ce château avait toujours vécu ici. Le petit prince ignorait tout cela, l'importance du nom, la dignité de son rang, la vie en dehors de ses murs, de temps à autre il voyait les garçons de son âge se battre dans la cour. Il était aveugle au monde, ne vivait que de ses histoires, voyait la vie dans ses jouets, des armées de plomb alignées pour combattre un dragon qu'il imaginait crachant de l'eau. Son monde avait une frontière, la porte de sa chambre, qui ne s'ouvrait pour lui offrir à manger, ou pour l'instruire. Ses parents n'était là que pour le présenter aux inviter, prouver aux autres que la famille ne s'éteindrait pas. Pas de frères pas de soeurs, pas d'amis, pas d'animaux de compagnies. Une chambre, un lit, une cheminée d'où il devait sortir un ange pour lui parler le soir, des flammes parfois qui lui contait des histoires pour s'endormir.
Il avait toujours vécu ainsi, ignoré par sa famille dès ses premiers cris. Il gambadait dans son antre, ses cheveux blonds frisottants, son corps tournant se croyant dans un grands parc.
Il n'avait que son imaginaire pour fuir sa réalité.
Quand un soir, le château illuminé de milliers de bougies, petites flammes affrontant l'obscurité, des calèches défilaient dans la cours, les unes après les autres déglutissant un couple de nobles, grandes robes pour ses dames laissant apparaître d'énormes poitrines, masques de soies noires pour les hommes. Une musique envoûtante s'infiltra jusque dans son repère. Un courant d'air sans doute, ou l'aide d'un destin qui n'avait pas encore frappé, ouvrit sa porte. Tout intrigué le petit prince sauta de son lit, trop grand pour lui, enfila ses souliers , et avança à pas feutrés vers le nouveau monde. Il prit sur lui, affronta sa crainte et ouvrit en grand sa porte. La musique se fut plus entêtante, il calqua ses pas sur la mesure, et suivit les notes pour s'orienter dans l'obscurité de se qui deviendrait sa demeure.
Jamais il ne s'était rendu compte que sa chambre trônait dans la plus haute tour, de ses jeunes jambes il descendit les marches, humant l'air de sa liberté soudaine, mais la crainte le rongeait encore, quand enfin la lumière fit son apparition, il se calfeutra dans un recoin, devant lui défilaient solennellement, les différent couples, chacun s'orientant dans une salle différente, il se rendit compte que trois groupes se formait, parmi ses étrangers il distingua ses parents, il n'avait encore jamais vu son père avec un visage aussi dur. Ses géniteurs s'enfermèrent avec leurs groupes dans la première salle.
Petit prince attendit la fin de la procession. Lorsqu'il s'assura que s'en fut finit, il retira avec précaution ses escarpins à talons, courut vers la fameuse salles. Il n'osa ouvrir la porte, colla son oreille contre elle, la musique s'était tût, un silence d'or planait dans le manoir. Son oeil découvrit une percée dans l'ébène, quelle ne fut pas sa surprise, lorsque qu'un énorme sexe fit son apparition pour s'infiltrer dans le corps d'une femme, celle-ci cria si fort, que petit prince referma ses oreilles. Effarée par l'apparition, il manqua de tomber à la renverse, un cri vicieusement s'échappa de sa gorge, lorsque petit prince comprit le bruit qu'il avait émit il courut se réfugier dans une autre pièce, celle-ci ouverte. Un énorme brasier flambait dans la cheminé. Il se cacha derrière un énorme canapé. Deux hommes et une femme, entrèrent juste après lui. Les deux hommes portait une femme, probablement ivre. L'attachèrent sur la table, sortirent du feu un tison, petit prince était effrayé, quand sa peur retomba, lorsqu'il découvrit que ces messieurs allumèrent des bougies tout autour de la femme. Les deux hommes se mirent à nus, déployèrent sur la femme, une poudre. Après avoir exécuté cela, il allumèrent chacun une énorme pipe, et tirèrent lentement dessus, tandis qu'il sirotait une boisson. L'un des deux hommes se leva et tourna son regard vers petit prince. Petit prince n'avait jamais vu un visage comme cela, les yeux étaient injectés de sang, les pupilles complètement dilatées. Sur le visage on distinguait une envie, un manque horrible, visage avide, L'homme se saisit d'un fouet, les lanières brillaient de bout de verres que l'on avait incrusté dans le cuir. Avant même de frapper le premier coup, Petit prince prît la fuite. Courant affolé dans les couloirs de son château, tentant d'ouvrir toute les portes qui s'offrait à lui il tomba en face d'une, fermée, mais il n'en pouvait plus d'errer ainsi, de nouveau il regarda par la serrure, distingua à travers la fumée qui encombrait la salle, des hommes et des femmes jouant aux cartes en silence, le bruit des cartes seul perçait ce nuage de nicotine. Quand un des hommes, se leva dégaina son revolver et fit éclater la tête de son partenaire assis en face de lui. Les femmes se mirent à rire, les hommes prirent des calices et approchèrent le récipient du cadavres pour en prélever le sang qu'ils se mirent à boire avec délectation.
Petit Prince hurla pour de bon, cette fois-ci il partit de nouveau s'enfermer dans son imaginaire, de ne jamais en sortir, mais il n'avait pas encore compris que tout comme l'imaginaire le réel pouvait se transformer.
En dehors de ce texte, il y a une petite vision du monde. En dehors de l'imaginaire, il y a toujours une réalité que l'on tente d'évacuer, en dehors des mots il y a toujours un message qui tente de percer.